Après « Danube » et ses quelque 600 à 700 logements, entre l'Esplanade et Neudorf, la municipalité lance un deuxième projet d'éco-quartier, appelé « Quartier de la Brasserie », à Cronenbourg. Objectif : créer un nouveau morceau de ville sur la friche industrielle de Kronenbourg. Début du chantier : courant 2010.
Strasbourg ambitionne d'être "un pilote dans le grand Est", ne cache pas Alain Jund, adjoint au maire chargé de l'urbanisme et « promoteur zélé des éco-quartiers. A la fois "outils" et "expérimentations", ils sont pour lui la réponse aux enjeux environnementaux et sociaux de notre temps : "On n'a plus le droit de construire la ville comme il y a dix ans", considère l'élu du groupe des Verts pour qui « la lutte contre le changement climatique doit aussi se faire au niveau local ».
«Pour tout le monde»
LE SITE DE CRONENBOURG - Il s'agit de l'ancienne friche industrielle des Brasseries Kronenbourg, soit 3,8 ha rachetés par la Ville en 2005 (via la Sers) - et « assainis » dans la foulée, indique-t-on - au coeur du « vieux » Cronenbourg. Barrés à l'ouest par la voie ferrée, les accès sont prévus par les rues de Mittelhausbergen et Jacob. Une ouverture est prévue sur le parc St-Sauveur, ce qui permettrait de désenclaver l'entrée de l'église. Un jardin participatif devrait y voir le jour. Des équipements publics restent à définir : iI est question d'un accueil petite enfance et d'une annexe de la mairie. Ainsi que des services et des commerces en rez-de-chaussée (pour limiter les déplacements), et d'un bâtiment tertiaire à l'entrée du site (900m2).
LE PROJET. - Ce « quartier comme un autre » - pas tout à fait en réalité puisque les voitures y seront absentes en surface - se compose d'environ 450 logements des copropriétés, ainsi que 30% de logements sociaux et quelque 5% d'accession sociale à la propriété. Un lot est réservé pour des particuliers qui envisagent de s'associer dans une démarche "d'autopromotion" pour la construction d'un immeuble collectif. 320 places de stationnement souterrain sont prévus pour les 450 logements, avec aussi l'implantation d'un service d'auto-partage.
A QUI S'ADRESSE-T-IL ? - Pour « tout le monde », considère Alain Jund. Pour « les jeunes couples », estime Serge Oehier. L'adjoint de quartier pense que le « mélange des générations peut être très agréable dans ce secteur ».
PERFORMANCES. - Le haut niveau de performance énergétique est bien entendu de mise : tant pour les normes de construction avec des bâtiments à moins de 80 kW/m7/an ou à moins de 50 kW/m2/an. Un bureau d'études en haute qualité environnementale (HQE) suivra toutes les étapes de la construction et contrôlera les consommations énergétiques effectives jusqu'à deux ans après la construction, pour vérifier si elles répondent bien aux normes imposées aux promoteurs.
QUI VA LE CONSTRUIRE ? - L'opération est réalisée sur fonds propres par la SERS, qui est chargée de l'aménagement du terrain et de la vente des droits à construire. A charge pour chacun des promoteurs de lui présenter « deux ou trois projets ». Les bâtiments - une quinzaine, selon le plan de masse, avec des hauteurs différentes - seront donc sensiblement divers d'un point de vue architectural, avec des volumétries alternées - ce qui fera le charme de l'ensemble du projet. "Nous veillerons à la cohérence de l'ensemble", promet le directeur général de la Sers, Eric Fullenwarth.
Article écrit par Philippe Dossmann, extrait de l'édition DNA du 4 février 2009