Tribune libre


Jean-Mathieu COLLARD, Président du Conseil Régional de l'Ordre des Architectes d'Alsace

Société d’économie mixtes et Architectes : juger le passé ou imaginer l’avenir ?

La relation, toujours forcément complexe, qu’entretiennent les architectes avec leurs donneurs d’ordre est, à l’aube de ce vingt et unième siècle, nécessairement en pleine mutation. Les enjeux de la reconstruction des années après guerre, des grands équipements urbains structurants et symboliques, le développement urbain ne sont plus les seuls moteurs des nouveaux projets : le développement durable fabriquera l’architecture de demain et notre cadre de vie. Programmation, conception puis réalisation sont les trois étapes clefs pour réaliser des constructions saines, durables et économes sur toute leur durée de vie.

C’est donc une nouvelle manière de travailler ensemble qu’il faut se préparer à inventer.

Ce raisonnement conjugue quatre volets :

Le social puisque l’architecture s’inscrit dans un désir de société, que traduit l’attachement que nous portons aux lieux, aux espaces dans lesquels nous vivons, aux architectures qui nous émeuvent.

Le culturel, puisque tous nos édifices cristallisent un moment de culture.

L’économique : l’investissement initial sera à évaluer dès le départ en imaginant ses conséquences sur la qualité des ouvrages, et également la gestion, la maintenance, l’entretien et les charges.

L’environnement, pour trouver l’éco-efficience maximale des constructions, réduire les consommations de ressources naturelles, la production de déchets, de déchets polluant et de tout autre impact dommageable pour l’homme et la nature.

Pour cela il faudra savoir répondre à ces défis en accentuant nos efforts de recherche, de formation, d’innovation et de créativité.

C’est une nouvelle manière de dialoguer avec la maîtrise d’ouvrage qu’il va falloir inscrire dans nos habitudes réciproques.

La problématique structurelle des projets publics conçus avec des mandataires, des assistants à la Maîtrise d’Ouvrage, des aménageurs crée une distance dans le dialogue entre le « politique », (le maitre de l’ouvrage, le commanditaire du projet) et l’architecte. Elle  va devoir s’effacer au profit d’un dialogue itératif avec tous partenaires du projet.  Les habitudes de standards et de modèles vont devoir être oubliés. Les empilements de normes devront être dépoussiérés. La perspective de progrès collectif volontaire réhabilitera l’intelligence de la conception. C’est une question d’éthique commune.

Offrons un habitat soucieux du contexte, de l’histoire et de l’identité des lieux.

Offrons de véritables projets urbains ambitieux et des quartiers pour « vivre ensemble »

Offrons des espaces publics et un cadre de vie de qualité dans lesquels il fait bon vivre.

Offrons un projet de société où la culture trouve sa place et l’architecture constitue le patrimoine de demain.

Nous aurons le cadre de vie que nous méritons.

 

Jean-Mathieu COLLARD


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