Le Grenelle de l’environnement, organisé par M. Jean-Louis Borloo et Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, s’est fixé pour ambition de créer de nouvelles perspectives en faveur de l’environnement, et d’être le point de départ à la mobilisation des acteurs concernés en France. Sa première phase a réuni, durant l’été et l’automne 2007, l’Etat et la société civile afin d’établir une ambitieuse feuille de route des orientations et mesures à prendre. 6 groupes de travail ont ainsi été constitués pour dialoguer et élaborer des propositions, chaque groupe associant des représentants de l’Etat, des collectivités locales, des ONG, des employeurs et des salariés. Il s’agissait de groupes de travail aussi variés que « lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d’énergie », « préserver la biodiversité et les ressources naturelles », « instaurer un environnement respectueux de la santé », « adopter des modes de production et de consommation durables », « construire une démocratie écologique » ou encore « promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l’emploi et à la compétitivité ».
Parmi les mesures concrètes, le Grenelle insiste tout particulièrement sur les éco-quartiers et les améliorations à apporter aux bâtiments. En effet, le rapport d’étape fait le vœu d’avoir « au moins un éco-quartier avant 2012 (en continuité avec l’existant et intégré dans l’aménagement d’ensemble) dans toutes les communes qui ont des programmes de développement de l’habitat significatif ». De plus, prenant acte que le bâti consomme 42,5% de l’énergie finale française et que la consommation moyenne primaire du parc existant de résidences principales est de 240 kWh/m2/an, le rapport fixe pour objectifs ambitieux que « tous les bâtiments et équipements publics devront être construits dès maintenant (2010) en basse consommation (50 kWh/m²) ou seront à énergie passive ou positive » et que les logements privés neufs effectuent un « passage anticipé dès 2010 à la réglementation THPE, avec un objectif d’un tiers des constructions en basse consommation ou à énergie passive ou positive et dès 2012 à la généralisation des logements neufs à basse consommation (50 KWh/m²) ». Force est de constater que sur ces deux points les réalisations les plus audacieuses ne se trouvent pas sur notre territoire : certains voisins européens ont pris sur ce sujet une longueur d’avance… Notamment l’Allemagne avec les opérations médiatisées Vauban et Rieselfeld à Fribourg, à Tübingen,… Tout l’enjeu est de développer en France de telles opérations, complètes, mixtes, bien desservies, allant au bout de ces choix énergétiques. Une approche qui ne soit pas restrictive mais qui se fonde sur une articulation intelligente entre les capacités du marché et les ambitions de développement durable.
2008 ouvre une nouvelle phase : celle du passage à l’action. Mais 2008 s’ouvre aussi avec deux préoccupations majeures qui interpellent ceux qui « fabriquent » la Ville : - aujourd’hui 3,2 millions de personnes en France ne sont pas logées ou vivent dans des conditions très difficiles et 2,8 millions sont en situation de fragilité à court terme (dont de + en + des classes moyennes) (source : rapport Fondation Abbé Pierre janvier 2008). La baisse de la taille des ménages, la décohabitation, la mobilité professionnelle notamment, conjuguée à une production insuffisante de logements neufs, a créé une situation préjudiciable à la fluidité du parcours résidentiel, en particulier pour les jeunes ménages. - les observateurs s’accordent pour constater que nous nous trouvons en situation de retournement de cycle, et particulièrement dans l’immobilier. Les investisseurs ont presque disparu, et les accédants sont découragés par les hausses des taux et les hausses de prix. Seuls trouvent encore preneur les logements en accession sociale ou en zone de renouvellement urbain, qui bénéficient de la TVA réduite à 5,5%, et les produits exceptionnels de par leur localisation. Le défi que la SERS doit désormais relever n’est pas de jouer l’échelle du perroquet pour être encore plus « radicale » dans la performance énergétique, là où le marché n’existe pas, au risque d’initier une nouvelle fracture, environnementale cette fois, mais de combiner les acquis du Grenelle de l’Environnement avec la nécessité de produire massivement des logements abordables à l’achat et à l’usage pour le plus grand nombre. Cette tâche va mobiliser des compétences accrues, et rend plus passionnante que jamais notre action au service de l’intérêt général et de la création de notre cadre de vie.