Tribune libre


ADEUS - "Développement urbain à Strasbourg : un rôle pour les aménageurs publics"

 DEVELOPPEMENT URBAIN A STRASBOURG – UN RÔLE POUR LES AMENAGEURS PUBLICS

Il ne se passe guère de semaine, sinon de jour, sans que nous soyons alertés sur la situation du logement. Or, nous avons sans cesse besoin de construire de nouveaux logements car, au-delà du renouvellement du parc et de l’augmentation de la population, il faut également répondre aux besoins de desserrement des ménages. Pour la seule Communauté Urbaine de Strasbourg, l’objectif est fixé par le SCOTERS (Schéma de Cohérence Territoriale de la région de Strasbourg) à environ 2 700 nouveaux logements par an, dont il est clair que la majorité devra se faire en programmant de nouveaux secteurs d’extension. Quel peut être le rôle des aménageurs publics dans cet effort de construction ?

A Strasbourg, la création de nouveaux logements ne se fait pas majoritairement sous forme de grandes extensions pavillonnaires en périphérie proche. A cela, deux raisons principales : la densité alsacienne élevée qui conduit à limiter la consommation des zones naturelles et terres agricoles, ajoutée au souci de réduire l’étalement urbain pour économiser l’énergie et la consommation de produits fossiles. C’est donc bien dans l’agglomération de Strasbourg, et sous forme d’extensions plus regroupées, que la construction de logements doit être encouragée.

De ce point de vue, les différentes actions menées depuis 2005 par la CUS et l’ADEUS pour donner un caractère plus affirmé à la construction dans les zones « urbanisables à moyen et long terme » de l’agglomération ouvrent des perspectives intéressantes pour l’avenir proche. D’ores et déjà, plusieurs secteurs d’urbanisation nouveaux sont à l’étude, préfigurant un travail de grande ampleur.

La complexité des opérations d’urbanisme nécessite une maîtrise et un professionnalisme accrus
L’importance des besoins en construction, la nécessité d’y répondre dans l’agglomération, se traduisent ainsi par des aménagements urbains d’une taille suffisante -quelques hectares, quelques centaines de logements par opération- pour nécessiter une parfaite maîtrise de l’acte d’aménager.

Quelles en sont les principales composantes ?
  • Le type d’aménagement envisagé implique une bonne occupation des sols, ainsi qu’une grande diversité d’habitat pour répondre aux besoins diversifiés des ménages. Il ne s’agit donc pas de nouveaux quartiers entièrement dévolus à l’habitat collectif, pas plus qu’on n’imagine des lotissements uniformes étalant les pavillons au centre de grandes parcelles. Le dessin urbain qui en résulte intègre de l’« habitat intermédiaire » aux nouvelles opérations : petits immeubles collectifs, maisons individuelles groupées, maisons de ville, etc.
  • La qualité urbaine peut être encouragée par une bonne réglementation des sols, mais celle-ci ne peut tout régenter, sauf à devenir un tel empilement de règles que leur respect rend impossible tout projet adapté aux réels besoins de l’habitant futur. Une marge d’interprétation doit donc rester possible et, de manière complémentaire, la collectivité doit être en mesure de négocier avec le constructeur. Or, les dispositions d’urbanisme découlant de la récente loi SRU (2000), à travers les Plans Locaux d’Urbanisme et leurs orientations d’aménagement, permettent déjà de travailler dans ce sens. S’y ajoute la négociation avec le constructeur qui peut être obtenue de diverses manières, la maîtrise du terrain et la contractualisation par acte de vente étant encore la plus sûre ; d’où l’intérêt de la maîtrise foncière.
C’est ainsi que la constitution des nouvelles opérations d’aménagement, qui implique maîtrise et professionnalisme, offre une réelle opportunité pour un aménageur public de bon niveau de s’investir plus avant dans l’effort de construction sur l’agglomération de Strasbourg.

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