En cinq points de la Communauté urbaine de Strasbourg vont pousser des écoquartiers, dont l'un s'est vu récompensé hier à Paris. Sur dix terrains appartenant à la ville, des particuliers essaient de monter des opérations immobilières en « basse consommation d'énergie ». Enfin, à l'horizon 2025-2030, l'« écocité » Strasbourg-Kehl, elle aussi primée hier, devrait figurer la métropole de demain.
Il est bien difficile de s'y retrouver dans tout ça. Quel point commun en effet entre le projet « tout en bois », actuellement mis sur pied îlot Lombardie par l'association « Éco-Logis » de Bruno Parasote, et le projet d'écoquartier Danube ? Quelques repères pour ne pas perdre le nord.
Les « écoquartiers » Il y a cinq projets en cours, dont le plus connu est situé sur le secteur Danube, entre Neudorf et Esplanade, sur une surface de 7 hectares. Primé hier à Paris (lire ci-dessous) et soutenu par la CUS, il comptera 650 logements, pour 1 600 habitants (habitat dense, donc). Le chantier devrait démarrer au second semestre 2010 pour de premières livraisons de logements en 2013. A savoir : si le terrain est pollué (ancienne usine à gaz), sa réhabilitation en zone d'habitation constitue une forme de recyclage, donc une avancée écologique. Le projet est également exemplaire en termes de desserte par les transports publics.
Des logements sur d'anciens sites industriels
Parmi les autres projets, il faut citer encore des reconversions « industrielles », puisque des sites autrefois brassicoles (Adelshoffen à Schiltigheim et Kronenbourg à Cronenbourg) vont être transformés en quartiers de logements. A Cronenbourg, 450 logements sortiront de terre fin 2012 (début des travaux début 2010), faisant la part belle à la mixité sociale. Le projet est mené par la SERS. A Schiltigheim, 200 logements environ devraient être livrés à partir de 2013 (début des travaux en 2011). C'est la commune de Schiltigheim et le Foyer Moderne qui mènent le projet.
A Ostwald, le projet d'écoquartier des « Rives du Bohrie », comprenant 1 000 logements, est mené par la CUS et la ville d'Ostwald. Début du chantier en février 2011, livraison des premiers logements au second semestre 2013. Sa particularité : intégrer un site naturel (partiellement inondable). On s'adapte au paysage, on ne l'adapte plus à ce qu'on veut construire.
« Autopromotion » : trouver des partenaires
Il reste le « moins dense » sans doute des écoquartiers, celui des Portes du Kochersberg à Vendenheim : 1 300 habitants, environ 320 logements, le tout sur une zone de 8,7 hectares. Début du chantier fin 2010, premières livraisons de logements fin 2012. Un projet piloté par la commune de Vendenheim et par la SERS.
Les projets en « autopromotion » On est là dans la plus petite échelle de construction. Il ne s'agit plus de zones de plusieurs hectares, mais de parcelles situées en pleine ville. Parfois des « dents creuses » entre deux immeubles existants. Pionniers du genre, les membres de l'association « Eco-Logis » qui construisent îlot Lombardie, sur un terrain de la ville, un bâtiment à base de bois.
Dix autres terrains font l'objet d'un appel à projets pour des constructions du même genre : à faible consommation d'énergie, d'abord, et dans les préceptes du développement durable. Ainsi, le volet social n'est pas à exclure : le projet de la rue de Bruxelles a par exemple envisagé de s'associer avec une crèche parentale.
La ville vendra ces dix terrains - peut-être à un prix attractif, pour compenser le surcoût lié à la basse consommation - après qu'un comité technique aura finement observé les différentes candidatures en lice.
Le gros problème auquel doivent faire face ces particuliers qui s'associent est de trouver suffisamment de partenaires. Les premiers porteurs du projet de la rue de Rangen (une trentaine de logements sur un terrain de 2 000 m²) organisent deux « réunions d'information », samedi matin à 9 h et mardi soir à 18 h à la salle paroissiale St-Florent à Cronenbourg, pour dégoter des associés. Et la date-butoir du 30 novembre, pour le dépôt des dossiers, approche...
L'« écocité » On change d'échelle : l'« écocité » se réalise au niveau d'une « métropole », débordant largement des frontières de la ville et de la CUS. D'ailleurs, le prix reçu hier à Paris (lire ci-dessous) est aussi décerné à Kehl. Il s'agit là de concilier les enjeux démographiques (augmentation de la population) avec les contraintes sociales et environnementales pour construire une « ville de qualité ». L'urbanisation est « densifiée », fait la part belle à la nature (forêts de la Robertsau et du Neuhof, présence du Rhin) et au transports en commun (liaison tram Strasbourg-Kehl). Il s'agit là d'un « très gros projet urbain » visant à construire « de la ville sur la ville », à un horizon de 20 ans, entre le môle de la Citadelle et l'entrée dans Kehl. Vision prospective, certes, mais enjeux actuels (la concertation sur l'extension de la ligne D du tram a commencé).