Dans les années 90, suite aux nouvelles lois d’orientation pour la Ville et face au constat d’échec urbanistique du quartier de Hautepierre, la collectivité strasbourgeoise et la SERS ont initié un changement notable dans les projets d’aménagements du secteur de 71 ha situé entre le quartier des mailles et la cité du Hohberg.
La conception du site fut confiée aux urbanistes danois Hellner et Pedersen qui élaborèrent un projet autour de l’idée d’un parc central rayonnant sur une structure d’artères haussmanniennes. L’implantation des équipements publics structurants fut stratégiquement décidée sur la large avenue principale et aux abords du parc, et complétée par l’édification d’immeubles de faible hauteur (3 à 5 étages), à l’architecture contemporaine, dont les rez-de-chaussée avaient vocation à accueillir services et commerces de proximité.
A la fin 1994, malgré l’optimisation de la conception du site, peu de promoteurs et d’enseignes commerciales de qualité s’avéraient intéressés par l’investissement sur le quartier. Pour relancer leur intérêt, la réalisation du parc de 4 ha fut décidée sans attendre l’implantation d’autres infrastructures et fut confiée à l’équipe Edaw Jarvis. Elle proposait d’exploiter une thématique historique du site, d’anciennes poteries et tuileries romaines, tout en présentant un agencement séduisant. Le lancement des travaux donna lieu à une importante campagne de communication qui eut un succès inattendu : les visiteurs affluèrent et un fort regain d’intérêt des promoteurs se fit sentir dans les semaines qui suivirent. Des architectes-constructeurs séduits par le concept urbain prirent l’initiative des premières constructions, et leur succès attira les autres sociétés immobilières, ainsi que de nombreux commerçants.
Une décennie plus tard, 2 630 logements sur les 2 800 du projet global ont fait l’objet d’un permis de construire, dont 85 % destinés à répondre à la forte demande de primo-accédants à la propriété sur le territoire strasbourgeois. 15 % de logements locatifs aidés complètent le dispositif. L’ambition d’introduire une réelle mixité sociale est en voie de réussir et les perspectives du quartier en termes d’image et de développement sont globalement positives.
Les Poteries II
Le succès de la première tranche d’urbanisation des Poteries, ainsi que la demande soutenue des promoteurs permet aujourd’hui de rehausser le niveau d’exigence des projets etd’améliorer corrélativement la qualité des aménagements. En ce début 2007, la SERS ouvre à la construction de nouveaux terrains à bâtir, qui seront desservis par la future ligne F du tramway en provenance de la route des Romains. Ces terrains, sous l’appellation Poteries II, ont suscité l’engouement de promoteurs, dont 7 ont déjà été sélectionnés, sous réserve qu’ils adhèrent à de nouvelles règles :
le respect d’un nouveau cahier des charges aux prescriptions architecturales et environnementales exigeantes ;
l’obligation de missionner deux architectes par projet, qui produiront deux esquisses architecturales ; le lauréat sera choisi d’un commun accord entre le promoteur et la SERS, en fonction de l’adhésion la plus pertinente au cahier des charges précité. La SERS, afin de ne pas alourdir par ces mesures le coût de production des logements, financera à hauteur de 80 % l’indemnisation de l’esquisse non retenue (dans la limite d’un plafond de 30 000 euros) ;
la nécessité de fournir dès la phase d’esquisse, une note d’intention détaillée présentant la démarche de développement durable et de qualité résidentielle mise en œuvre pour la réalisation des projets ;
la sensibilisation à la production de logements «basse consommation énergétique», au travers d’un dispositif incitatif ; les habitations dont les besoins n’excèderont pas 50 kWH/m²/an bénéficieront de réductions substantielles sur les charges foncières et droits afférents. A titre d’exemple, un logement de 80 m² pourra ouvrir droit à une gratification financière à hauteur de 7 200 euros.
Les Poteries II s’inscrivent dans la continuité du dispositif de reconquête et de requalification de tous les quartiers ouest de l’agglomération, et plus particulièrement celui de Hautepierre éligible à un vaste plan de renouvellement urbain.
L’urbanisation arrivera à son terme à l’horizon 2012. Son achèvement se fera en étroite concertation avec la commune voisine d’Eckbolsheim qui vient d’inscrire dans son PLU, l’extension du quartier sur son propre ban.
Cette nouvelle appréhension de l’urbanisme, dont le quartier des Poteries sera le laboratoire, pourra en fonction des résultats, être rapidement étendue à l’ensemble des opérations d’aménagement conduites par la SERS.